dimarts, 17 de gener de 2012

FABRICE CHAMPION, HISTÒRIA SENTIMENTAL A TÍTOL PÒSTUM

Le trapéziste tétraplégique Fabrice Champion est mort
| 12.12.11 |
Le sous-titre du spectacle Totem de cirque, mis en scène par le trapéziste Fabrice Champion en 2010 pour dix-sept jeunes élèves de l'Ecole nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois (Enacr), en Seine-Saint-Denis, sonne comme une terrible étrangeté.
Tétraplégique depuis 2004, à la suite d'un accident de trapèze, cette star des Arts Sauts, troupe de cirque aérien la plus connue dans le monde qu'il avait fondée avec un groupe d'amis en 1993, avait repris le chemin de la piste sur son fauteuil roulant. Celui qui évoquait l'envol du trapèze comme "un cadeau, celui de s'envoyer en l'air avec une maîtrise de soi, une prise de risque et un rapport au corps fantastique" est mort dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 novembre, au Pérou, lors d'une cérémonie chamanique. Il avait 39 ans.
Bouddhiste, Fabrice Champion rêvait de chamanisme depuis sa jeunesse. Il était parti seul au Pérou. Quatorze heures d'avion d'abord, un trajet en hélicoptère, puis en pirogue pour une semaine d'initiation aux médecines traditionnelles amazoniennes. Son indépendance et son désir d'expérience tordaient le cou à tous les obstacles. Après avoir avalé les plantes destinées à la cérémonie, il a été retrouvé mort le lendemain matin.
En résidence de travail au Cent Quatre, à Paris, Fabrice Champion répétait depuis un an un nouveau spectacle intitulé Nos Limites avec deux jeunes acrobates-danseurs Matias Pilet et Alexandre Fournier rencontrés à l'Enacr. Avec eux, il avait inventé la "tétradanse", autrement dit la danse en mode tétraplégique. La création était prévue pour février 2012.
Dans le film Acrobat réalisé en 2011 par Olivier Meyrou, qui a suivi sa féroce rééducation et son travail depuis six ans, la vision de Fabrice Champion sur son fauteuil roulant pris d'assaut par ses deux complices avant de tenter des acrobaties par terre avec eux, est juste sidérante de beauté et d'émotion. Il confiait "que s'il pouvait choisir aujourd'hui entre marcher de nouveau et avoir plus confiance en lui", il préférait la seconde option. "Pour avoir plus confiance dans mes intuitions, ma force, quoique j'aie à offrir", précisait-il.
Comme de nombreux artistes de cirque, Fabrice Champion s'est retrouvé enfant à l'école de la piste pour dompter une énergie débordante. Celui qui passait son temps à nager et à sauter dans les arbres a 8 ans lorsqu'il déboule pour la première fois sous un chapiteau à Grenoble.
Huit ans plus tard, il réussit le concours d'entrée au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (CNAC). Il choisit sa spécialité : voltigeur au trapèze. Et le voilà, dès sa sortie de l'école, en 1992, à performer dans la rue sur un camion-trapèze avec ses amis Côme Doerflinger, Jean-Antoine Véran et Germain Guillemot, copain d'enfance qui sera son partenaire-porteur pendant toute sa carrière. Fabrice Champion a 20 ans.
Un an plus tard, avec Stéphane Ricordel, également trapéziste, la petite bande, à laquelle se joindront Franck Michel et Laurence de Magalhaes, monte une troupe qui deviendra Les Arts Sauts. "Nous rêvions au départ d'installer des arceaux au-dessus de rivières, comme par exemple les gorges du Verdon, pour faire du trapèze au-dessus", se souvient Ricordel, aujourd'hui codirecteur du Monfort avec Laurence de Magalhaes depuis 2009. "Autrement dit, se retrouver tout de même à 50 mètres de hauteur. D'où le nom de la compagnie."
Le succès mondial des Arts Sauts, de 1993 à 2007, date à laquelle la troupe composée d'une vingtaine de trapézistes décide par vote collectif de mettre fin à son aventure, s'est bâti sur des spectacles uniquement composés à partir du trapèze. Avec le temps, les scénographies se complexifient pour faire surgir des partitions d'hommes volants aux trajets millimétrés explosant dans des nuages de talc sous le regard de spectateurs installés sur des chaises longues.
Du trapèze volant, "un art passionnel", selon Stéphane Ricordel, dans lequel "si on ne se regarde pas dans les yeux, si on ne s'aime pas, ne se respecte pas, rien n'est possible", Fabrice Champion évoquait une discipline "qui offre un espace immense, en longueur, comme en hauteur". "C'était un grand trapéziste, un vrai voltigeur, casse-cou et capable de prendre beaucoup de risques, poursuit Ricordel. Il trouvait même le moyen de nous parler pendant le numéro, pour nous donner des indications, nous préciser qu'on l'avait mal rattrapé et il avait en général toujours raison. Il avait surtout l'aura d'un soliste. On ne voyait que lui, même au milieu de la foule."
Les Arts Sauts, Fabrice Champion les avait quittés deux fois en raison d'un rythme de tournée trop épuisant qui ne lui laissait pas "le temps de se ressourcer". Il y était retourné en 2003 pour le dernier spectacle de la compagnie en "Ola Kala" ("Tout va bien" en grec). "Il me racontait combien il avait toujours peur avant les spectacles et passait sa journée à dompter cette peur jusqu'au moment de la représentation, raconte Olivier Meyrou. Mais lorsqu'il était en haut, c'était merveilleux. Jusqu'au lendemain matin."
C'est lors des répétitions que l'accident est arrivé. "J'avais un nouveau partenaire dans un numéro de trapèze en croix très difficile, racontait Fabrice Champion en 2010. Je le surveillais du coin de l'oeil pour vérifier que tout était OK et puis j'ai décidé que c'était bon."
Après son accident - il percute en plein vol son partenaire - qu'il évoquait avec la pudeur et la précision de celui qui a repassé en boucle l'événement, il se comparait simplement "à un guerrier qui a chuté sur le champ de bataille mais s'est bien battu". Avec ses amis des Arts Sauts, Fabrice Champion avait rêvé un jour d'accrocher des trapèzes à un zeppelin pour un spectacle plein ciel vu par des spectateurs installés dans quatre zeppelins spécialement aménagés.
Rosita Boisseau
El Pais
El último vuelo de Fabrice Champion
El trapecista que quedó tetrapléjico tras un accidente en el Fórum, hallado muerto en la selva amazónica de Perú
BEGOÑA BARRENA - Barcelona - 22/12/2011

Su muerte empezó en Barcelona hace algo más de siete años. Era el verano del Fórum Universal de las Culturas. La compañía francesa Les Arts Sauts acababa de estrenar, bajo una burbuja gigante, un precioso y preciso trabajo de sincronización aérea titulado Ola kala, que en griego significa "todo va bien". Pero la cosa, irónicamente, se torció. Un sábado por la tarde, durante el ensayo, dos de los 15 trapecistas que participaban en el montaje, Stephan Duroi y Fabrice Champion, chocaron frontalmente en el aire cuando intentaban realizar una pirueta y cayeron sobre la red de protección desde unos 10 metros de altura. Fueron trasladados de inmediato al hospital de Vall d'Hebron. Duroi, aunque grave, quedó fuera de peligro, pero Champion se dañó la médula espinal y la intervención quirúrgica no le salvó de acabar en silla de ruedas.
Formado en el Centro Nacional de las Artes Circenses de Châlons-en-Champagne, Champion se especializó en trapecio; en 1992, acabada su formación y con 20 años, se unió a un par de amigos y juntos empezaron a actuar en la calle con un camión que hacía las veces de trapecio. Uno de ellos, Germain Guillemot, amigo de la infancia, fue su compañero- portador durante casi toda su carrera. En 1993 otros tres trapecistas se sumaron a la compañía, que acabaría evolucionando en Les Arts Sauts. La altura, la sensación de ingravidez, la absoluta sincronización de los ejercicios y el trapecio como único elemento fueron la marca de la casa.
Tras el accidente, Champion se sometió a rehabilitación y tratamientos varios. Siguió un duro programa de ejercicios en Moscú y consiguió crear un número de trapecio para los alumnos de la escuela nacional de circo de Rosny, cerca de París. Su esfuerzo durante estos seis años y su voluntad de superación quedan reflejados en un documental, Acrobat, que Olivier Meyrou ha rodado en 2011. Recoge también su acercamiento al budismo. "Si pudiera escoger entre volver a andar o tener más confianza en mí mismo, me quedaría con la segunda opción". En noviembre se fue solo a Perú para participar en una ceremonia chamánica. Catorce horas de avión, un trayecto en helicóptero y otro en piragua lo llevaron hasta el paisaje de Fitzcarraldo, donde quería seguir un curso de iniciación a la medicina tradicional amazónica. El 26 de noviembre fue hallado muerto. La noche anterior había ingerido unas hierbas durante un ritual. Tenía 39 años.

Fabrice Champion
Trapecista y tetraplégico, fundador del Arts Sauts
Padre de la tetradanza
Óscar Caballero, La Vanguardia- 22/12/2011
El trapecio, al que dedicó su vida, lo dejó tetrapléjico en el 2004, pero Fabrice Champion, cofundador del mundialmente célebre Arts Sauts (1993-2007), no murió en el aire, sino tras una ceremonia chamánica en Perú en la que ingirió diversas hierbas. Budista y devoto del chamanismo en la huella de Antonin Artaud, su presencia en la ceremonia fue la última demostración de su formidable fuerza de voluntad. "Catorce horas de avión primero, luego un helicóptero, y el último tramo en piragua para una semana de iniciación a la medicina chamánica", como explicó en Le Monde la crítica de danza Rosita Boisseau.
Consternación en el Cent Quatre, el original y enorme centro artístico del nordeste de París donde Champion ensayaba desde hacía un año, con dos jóvenes acróbatas bailarines, el espectáculo Nos Limites (Nuestros límites), que debían presentar en febrero próximo, en la línea de otro invento de Champion, la tetradanza o danza en modo tetrapléjico.

A sus dos compañeros los conoció en el 2010 cuando montó con alumnos de la Escuela nacional de las artes del circo un espectáculo cuyo título, Morirás de estar vivo, resuena hoy diferentemente, lo mismo que su residencia como artista en el Cent Quatre, levantado en el vasto espacio dejado vacante por las pompas fúnebres de París.

Signos, como el nombre del espectáculo de Arts Sauts en cuyos ensayos sufrió el terrible accidente: Ola Kala, en griego, todo va bien. Se trataba de un destino: niño turbulento, a los ocho años Fabrice se desfogaba en clases de circo. Con 16, ingresó al Centre national des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne. Tras su regreso, en 1992, lanza con tres amigos el trapecio camión. Y un año más tarde, cuando se les suman otros tres volatineros, Arts Sauts recorrerá el mundo durante casi tres lustros, hasta que sus miembros decidieron disolverlo democráticamente.

Uno de ellos, Stéphane Ricordel, hoy codirector del teatro Sylvie Monfort de París, explicó el secreto del trapecio, "un arte pasional en el que si no te miras a los ojos, si no amas y respetas al colega, nada es posible". Algo faltó en aquel ensayo de Fabrice en el 2004 con un compañero nuevo, culminado con un choque en pleno vuelo. Pero ahí nació un monstruo de voluntad, según Olivier Meyrou, quien siguió los seis años de "feroz reeducación" y la vuelta al trabajo de Champion. Resultado: su filme Acrobat, recién terminado, y ya testamento.

www.wat.tv/video/trapeze-13ml3_2gjtz_.html...
TOTEM de Cirque" - Fabrice Champion, metteur en piste.
Nous ne faisons pas ce métier juste pour "distraire" le public. Nous essayons de partager un peu de l'essentiel de l'existence humaine. Pour cela nous devrions nous exposer, montrer notre coeur, avec la pudeur ou la retenue qu'il nous est nécessaire. Cette pudeur c'est la poésie. La poésie comme une distance plus ou moins formelle que nous mettons entre nous et notre vie pour nous rapprocher de notre essence. Etre vivant c'est être au plus près de la dimension poétique de la vie., de notre vie. Faire de la poésie donc, dans le sens le plus noble du terme, c'est montrer la vie. Comment faire de notre pratique de cirque un acte poétique ? Comment dire son poème dans un salto, un balan, un équilibre d'un bras, une roue arrière?

"le parisien 30 avril 2010: yves jaeglé
" On le croirait désarmé, il se révèle désarmant. Fabrice Champion 38 ans, qui met en scène "Totem de cirque", le spectacle de l'école nationale des arts du cirque de Rosny sous bois, reste une légende du trapèze, au sein des arts sauts , la troupe qui a révolutionné l'acrobatie aérienne en France. En 2004, lors d'une répétition, le voltigeur est tombé. Depuis, l'homme volant vit dans un fauteuil roulant. Ne préparez pas vos mouchoirs. ce bel artiste vêtu d'un pantalon à fleurs brodées, décourage toute compassion : " Ce dont je souffre , c'est pas vraiment de mon handicap, mais plutôt de la difficulté à être moi même, à faire quelque chose de ma vie. Comme tout le monde." Il se dit heureux de retravailler avec de jeunes acrobates, mais préfère la lumière à l'ombre: "Mettre en scène les autres ne me satisfait pas totalement. C'est moi que je veux voir sur scène. " Comment dans son fauteuil ? " Un numéro de porté, ça peut se faire. Avec d'autres, on peut me faire marcher. J'ai envie d'être manipulé. Ca fascine les gens le fait d'être paralysé et de rester en mouvement dans sa tête." On l'imagine sous les projecteurs. Une question d'attitude, de grâce, de présence, comme s'il allait quitter cette chaise, ou se jouer d'elle. A la manière dont il joue déjà avec les gens dans la rue, comme une chorégraphie. " Un handicapé ne fait pas peur ... on peut très facilement se parler." Sa copine habite un deuxième étage sans ascenseur. Il demande parfois à des passants de l'aider à monter l'escalier. Il chante aussi. Allez en piste !


"Aujourd'hui est un bon jour pour mourir.
J'ai conscience que chaque respiration est un sursis sur la mort.
J'accomplis chaque geste comme s'il était le dernier.
Chaque passage me met au défi d'abandonner le désir de réussir, chaque départ est un affront à la peur de rater. Echec et réussite sont des fantômes de l'ego. Je me lance dans le vide sans rien emporter, le coeur ouvert et l'esprit vierge. Je n'ai plus besoin du fardeau de l'orgueil. J'oublie que je veux être beau et aimé. Pas besoin d'être quelqu'un ! Un rat, je suis un rat puant !
Puissé-je être libre de l'orgueil. Pas de blâmes, pas de récompense, toute faute est une chimère. Dans la confiance non née de manifester le cheval de vent, je lâche prise de contrôler mon image et je m'envole tel quel, sans but, tel un danseur préhistorique, pure expression de la joie sans cause, libre de l'espoir et de la peur. Entier par essence, comme un rayon de lumière, je traverse l'espace, rejettant sans effort la honte et la gloire.
Quand j'attends le signe du porteur, ma concentration est libre de tension. Pour partir, je traverse le doute, détendu et déterminé. Je m'abandonne dans l'instant présent. Mon ventre bouillonnant de trac est une source inépuisable d'énergie. Je déborde d'énergie. Je sens mon corps prêt. Je suis synchronisé.
La peur de la solitude cosmique me frôle brutalement le diaphragme, je pleurnicherai bien une autre fois : comment puis-je envisager de me retenir, comment puis-je ainsi oublier ceux qui sont venus nous voir donner. Votre bonheur est mon bonheur. Mon bonheur est votre bonheur. Puisse votre attention m'inspirer authenticité et générosité. Mon coeur s'ouvre et rayonne, simplement, sans fabrication. Je suis disponible, prêt à jouer, tel un chaton.
Je ris pour le plaisir de voler, je ris parce que je suis libre, je ris parce que j'aime ceux qui sont autour de moi.
Avec mon coeur, authentique de tristesse où joie et chagrin se fondent en un nectar sublime, je vole, j'envahis l'espace. L'espace m'envahit."
Fabrice Champion